Printemps musical des Alizés

Printemps  des Alizés, Essaouirra Maroc
Programme des Jeunes Talents
Date le 10 mai 2008 à Dar Souiri

Musiciens : Andréas Linos et Ronald Martin
Danseuse : Marguerite Papazoglou

Création costumes
Lisbeth Buonanno


Avec le soutien des partenaires suivants
:

BNP Paribas
Bnp Paribas Private Bank
George LeManach et Jean Roze
Declerq Passementiers
Edmond Petit
Germaine
PPF
Podargos

Broderies : Pierrick Neuhad et Nadia Khemissi
Revue de presse Article paru dans Le Matin : http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=115&id=90874

Printemps Musical des Alizés
Pour un métissage des cultures
Une fête aux résonances internationales et des moments de réels plaisirs
Publié le : 11.05.2008 | 12h16



Quatre jours à savourer de la bonne musique sans s'en rassasier ni s'en lasser, voilà ce qu'a permis la huitième édition du Printemps Musical des Alizés, qui s'est clôturée en apothéose hier soir, dans la ville, des vagues et du vent.


Quatre jours de fête continue ont permis à un public nombreux d'enchanter ses oreilles et de s'ouvrir sur des sonorités venues d'ailleurs et sur d'autres cultures. Essaouira, terre de tolérance et de cohabitation religieuse, est indéniablement promise à ce type d'évènement qui célèbre le dialogue des cultures. Son histoire et son peuple le confirment amplement. «Les habitants de cette ville sont tous des artistes nés » tranche le poète et écrivain Driss Khouri. Il n'ay qu'à déambuler dans ses ruelles pour s'en convaincre.


Cela, la fondation Alizés l'a bien compris et a décidé d'ouvrir le champ des spectacles à un plus grand public. « Le festival va de Dar Souiri, lieu de communication incomparable entre public et artistes pour la musique de chambre à Bab El Manzeh, espace d'ouverture, de convivialité et de formidable écoute. La scène, installée en largeur, prônant de la sorte la proximité est un signal net contre l'exclusion», affirme Mohamed Ennaji, directeur du festival.
Cet espace d'ouverture a pris la forme d'un chapiteau géant qui trône au milieu de la place et la volonté de satisfaire tous les goûts a été manifestée par une programmation variée mais de qualité. Laquelle n'a pas manqué de garantir un franc succès à cette édition.

En guise d'entrée en matière, les mélomanes ont été servis par des concerts de violon et de piano, joués par des virtuoses de ces instruments. Ils ont eu droit, ensuite, au Quintette Moraguès, qui a exécuté des airs de grands maîtres de la musique classique. Mais les plats de résistance allaient venir le vendredi et le samedi où Dar Souiri abritait les concerts des jeunes talents.
A partir de 10 heures, ce lieu où histoire et art se côtoient en toute harmonie, devenait la destination privilégiée des amateurs de la bonne musique qui vibrait grâce à des jeunes mais déjà grands musiciens. « La musique classique ne draine pas beaucoup de locaux», s'étonnait un restaurateur de renom à Essaouira et artiste dans l'âme. «Et pourtant c'est de la très bonne musique qui leur est servie », ajoute-il. Pour ceux qui ont répondu présents, de grands moments d'émotion leur ont été offerts.

Au bout de la transe, des talents confirmés emportaient les spectateurs, qui les suivaient religieusement, par leur sincérité et la portée de leur art. Une précision sans faille et une interprétation émouvante leur valaient de longs moments d'applaudissement et des standings ovation, bien mérités. De dar Souiri, on entendait les sons épars qui provenaient du chapiteau qui abritait les répétitions du fabuleux Orchestre National de Lille. Sur la scène, les musiciens règlent leurs instruments et jouent des morceaux de grandes symphonies. Le grand virtuose russe Sasha Rozhdestvenski, violoniste et Alexander Bouzlov, violoncelliste ont choisi de répéter dans la première rangée, probablement pour mieux accorder les sons de leurs instruments. Quelques minutes plus tard, rassemblement général.

Le grand maître arriva. Jean-Claude Casadesus prit les commandes. «Essayez de resserrer au maximum», recommanda-t-il à ses musiciens qui s'exécutèrent sur le champ. Grand silence. Mais dès que le maestro commença à agiter les bras, des sons partirent de toutes parts, bien coordonnés cette fois-ci. La musique monta crescendo et puis chuta brusquement quand le maître l'interrompit. On arrête tout, l'homme en noir n'a pas l'air satisfait. Et rebelote, on recommence. Sir Casadesus s'agite dans tous les sens, se penche, tourne à droite puis à gauche secoue la tête dans une folle chorégraphie, d'un virtuose de la musique, tout en lançant, quand il le faut, une recommandation, une phrase, un mot. Il a ses musiciens à l'?il et tout le monde n'a d'yeux que pour lui. Cet homme qui dirige tous ces musiciens d'un coup de baguette magique, serait-on tenté de dire, fascine et force l'admiration. «Alors comment ça sonne ? », demanda-t-il aux quelques spectateurs qui eurent le droit d'assister à ses répétitions, avant d'ajouter « Vous trouvez que c'est enchaîné ? ».

La réponse, il l'a eue le soir même lors du concert mémorable qu'il a donné devant une assistance venue nombreuse, admirer son œuvre et lui répondre en chœur que ça sonne comme un rêve qui a embelli cette nuit printanière inoubliable. Ce soir là, les amateurs de musique classique se sont fait nombreux mais également divers. Le chapiteau était bondé d'étrangers et, cette fois les Marocains étaient aussi au rendez-vous pour ne pas rater un concert auquel ils n'auraient probablement jamais eu l'occasion d'assister en dehors d'un tel évènement. Rien que par amour pour son public et pour le Maroc, l'Orchestre National de Lille a accepté de jouer gratuitement lors du Printemps des Alizés.


Autre moment de grâce de cette manifestation musicale, la merveilleuse prestation du trio de choc, Jean Ferrandis (flûte), Patrick Zygmanowski (piano) et Sabastien Guèze (ténor). Tantôt graves, tantôt espiègles, ils ont envoûté l'assistance. Quant au concert du Chœur des Trois Cultures, il était tout simplement merveilleux. Il rassemble des jeunes de nationalités et de confessions différentes qui chantent d'une même voix des chants en arabe, en latin et en hébreu. Alors, existe-t-il preuve plus forte que la musique peut estomper tous les différents et mener à une totale harmonie entre les peuples et les religions ?
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Des sons et des costumes
Le Printemps des Alizés, ce n'était pas que de la musique et du chant. D'autres expressions culturelles y étaient également présentes dont un concert en costumes d'époque conçus par Lisbeth Buonanno, dont la passion des étoffes a été révélée très tôt. Élève de Malcolm de Chazal, peintre naïf et "écrivain de l'île Maurice" elle suivit pendant des années son enseignement spirituel et artistique. Elle s'imprègne de cette atmosphère et subit l'influence de sa mère modéliste chez Dior.

Lisbeth obtient une bourse d'études pour la Chine. Elle en profite pour réaliser au royaume des soieries, ses propres créations. Elle passe chez de grands noms de mode. L'opéra Lyrique de Singapour la révèle avec des créations telles que : La Traviata, Carmen, Die Fledermaus et Sneeze dans le théâtre... Lisbeth est félicitée personnellement par le ministre de la Culture singapourien pour l'ensemble de son travail. Elle est sollicitée partout. Elle est sélectionnée par la Mairie de Paris, en collaboration avec le Musée Galliera pour exposer ses modèles lors de La Rétrospective de Worth à Dior.
Lisbeth est engagée à Opéra-Bastille comme responsable de spectacle pour des productions prestigieuses.



Par Kenza Alaoui | LE MATIN

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