Awtar, printemps culturel du Haouz» Clôture en apothéose de la 1re édition

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Publié le : 30.03.2009 | 12h50 Journal Le Matin

Un impressionnant spectacle musical reflétant le Maroc pluriel a clos, dimanche soir, le premier Festival "Awtar, printemps culturel du Haouz" qui a réuni une pléiade de musiciens et chanteurs de différents horizons musicaux.

Plusieurs chanteurs et musiciens nationaux confirmés se sont succédé sur scène lors de cette soirée de clôture pour gratifier un public de tout âge de chants et danses puisés dans le folklore national, le classique, la musique hassanie, ou encore dans la célèbre Aita de l'Atlas, le tout exprimant la voix du Maroc pluriel.

Ainsi, ce concert a réuni la Tamawayt avec la soprano du moyen Atlas, Cherifa Kersit à la voix chaude et vibrante, l'Amarg avec le"Bob Dylan" du Souss Ammouri Mbarek, Batoul Marouani, la virtuose de la chanson hassanie et l'une de ses figures les plus représentatives, les milles et une facettes de la Ayta avec l'incontournable violoniste cheikh Benomar Ziani, ou encore Maxime Karoutchi représentant la tradition judéo-arabe et l'un de ses derniers héritiers.

"Plus qu'un concert, c'est un spectacle total auquel nous sommes conviés. Une belle et originale manière de clô turer ce premier festival qui a tenu ses promesse", s'est félicité le directeur du festival, M. Mohamed Ennaji.

Après cette première édition, les organisateurs soulignent qu'ils n'entendent pas uniquement ajouter un nom à la liste des manifestations existantes. Plutôt, "la Fondation Rhamna pour le développement", initiatrice du Festival, entend apporter sa contribution à l'expression de l'unité culturelle en faisant part, par la même occasion, de sa différence. Elle se situe ainsi dans un projet global consistant à renforcer la présence d'un espace donné, à faire entendre sa voix dans le concert national, et partant, enrichir la réflexion autour du projet de société.

A travers ce nouveau rendez-vous culturel et artistique qui s'inscrira désormais dans la continuité, les organisateurs expliquent que face aux défis d'aujourd'hui, la culture est, plus que jamais, à l'ordre du jour, étant au cœur de "la préservation de l'identité et de l'élaboration des projets futurs. Elle est le moteur de l'évolution".

Et d'estimer qu'"aucun projet de société de développement global fut-il ou régional, ne peut en faire l'économie".

Dans ce sens, le président de la Fondation, Fouad Ali El Himma, a affirmé que l'élan qui porte l'action de la Fondation est cependant loin d'avoir un ressort dans des considérations régionales.

Une telle action ne s'inscrit pas non plus dans une approche électoraliste plus soucieuse d'une arithmétique des voix que de la remise en question du statu quo économique et social.

Elle renvoie plutôt, dit-il, à une réflexion à l'échelle nationale qui considère que les perspectives de développement de notre pays demeureront réduites tant qu'une part considérable du territoire n'en fera pas partie.

Selon M. El Himma, "aujourd'hui, les conditions sont réunies pour espérer faire face à ces difficultés grâce à un effort où se retrouvent unies les autorités locales et la société civile". "Le projet est alors un véritable défi et s'annonce comme une œuvre pionnière aux retombées dépassant le cadre de la région", poursuit-il.

"C'est bien un projet s'étalant sur le long terme qui s'impose et qui doit s'évertuer à mettre en place les conditions d'une dynamique au centre du changement", ajoute-il.

Le Festival s'est érigé, quatre jours durant, en un rendez-vous culturel et festif avec une animation riche et variée, notamment un survol historique de la chanson marocaine.

Parmi les moments forts de cette manifestation, l'organisation d'un colloque en hommage à l'intellectuel et historien de la modernité, Abdallah Laroui.

Le 7e Art n'étant pas en reste, le Festival a consacré le cinéma palestinien qui a été à l'honneur avec la projection de films relatant la souffrance quotidienne du peuple palestinien et l'histoire du conflit arabo-israélien.

Les arts plastiques ont été également au menu avec l'exposition des œuvres du regretté artiste-peintre autodidacte Miloud Lebied issu de la région. Dominé par la touche circulaire et des fragments, à peine visibles au corps humain, l'œuvre de Lebied demeure hantée par les souvenirs d'enfance.

De par ses vêtements chinés aux puces et la rareté de ses expositions, son silence laissant ses oeuvres parler d'elles-mêmes, l'artiste se situait dans l'Etre et non le Paraître.

Un autre point d'orgue du Festival : la fantasia ou Tbourida dont la manière diffère d'une région à une autre. Mais les cavaliers de Rhamna sont reconnus pour leur technicité et leur rapidité d'exécution, surtout dans la mise.

Toutefois, les transformations de la société liées à la modernisation l'ont sérieusement affectée. La Fondation a fait de la préservation de ce patrimoine culturel son objectif.

Côté invités, d'illustres personnalités et artistes de renommée internationale ont répondu présents, parmi lesquels la star incontestée du rai Cheb Khaled et le "maestro" national Moha Oulhoucina Achibane.

La première édition du Festival "Awtar, printemps culturel du Haouz" s'est tenue du 26 au 29 mars courant à l'initiative de la Fondation Rhamna pour le développement durable.

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